J5 : Retour du calme et du sommeil

Après deux jours de guerre, la mer s’est calmée. Benjamin répond aux questions depuis le bord.

Les dernières heures de course ?

Féeriques, car pour la première fois on a pu dormir, vraiment dormir. C’est là où on s’est rendu compte qu’en fait ça faisait 48 heures qu’on n’avait pas dormi. On a un peu perdu notre organisation de quart à bord : chacun dormait le temps dont il avait besoin, et ceux qui étaient sur le pont laissaient les équipiers dormir tant qu’ils se reposaient. Tout le monde s’est bien reposé, la mer s’est calmée, elle est toute plate. Et du coup on en a profité pour revivre, en fait. Manger, dormir, se brosser les dents, boire sans se prendre des traumatismes crâniens en sautant jusqu’au plafond. C’était plutôt agréable.

Le match dans le match avec 11th Hour Racing ?

On leur a fait mon petit coup favori : la « spoon », le coup de la cuillère. On est passés sous leur vent et on s’est recalés juste devant eux. Mais il ne faut pas oublier DMG Mori, qui est en train de rester à l’intérieur. Avec le petit col barométrique qui s’est installé, tout le monde va repartir à peu près au même moment, et ce qui va compter c’est la distance au but. L’enjeu des prochaines heures : se positionner stratégiquement, bien gérer les angles, et dessiner la bonne courbure pour arriver à Lorient le plus vite possible.

La météo jusqu’à l’arrivée ?

La dépression qui nous a emmenés jusqu’ici a fait une petite pause au milieu de l’Atlantique. Elle va reprendre du poil de la bête et nous prendre dans son toboggan pour nous emmener jusqu’à Lorient.

Comment vous avez vécu les jours éprouvants ?

Bien et pas bien. Tout le monde serrait un peu les dents. C’est assez marrant : quand ça commence à se durcir, il y a de moins en moins de personnes qui se parlent et de plus en plus de regards qui se croisent. Plus ça se durcit, plus on communique dans le gestuel et dans les petites attentions. Tu prépares à manger pour quelqu’un qui est sur le pont, tu lui remets bien son sac de couchage qui est tombé. C’est plein de petites choses qui font qu’on fait attention aux autres. Ça c’était assez chouette pour souder l’équipage. Moi j’avais un dos particulièrement douloureux, même allongé j’avais mal avec les chocs. C’était dur. Mais en même temps c’est toujours pareil : quand tu sais combien de temps ça va durer, tu sais que ça va être dur pendant 48 heures, et tu tiens.

Est-ce qu’on arrive à prendre du plaisir ?

Le mood à bord c’est : plus on est heureux, plus on va vite. On a tous choisi d’être ici, donc il n’y a pas vraiment de place pour se plaindre. Personnellement, je suis trop heureux d’être là, de refaire de l’équipage, de refaire du foiler, de retraverser l’Atlantique. Tout ça fait un joli petit cocktail qui fait qu’on arrive à prendre du plaisir.

La suite depuis l’Atlantique. 🌊

 

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